Sujets : Préhistoire, Ardèche, Grotte aménagée, Musée
Avec plus de 200 sites préhistoriques recensés, vingt grottes gravées ou peintes répertoriées - dont la grotte Chauvet depuis 1994 - l’Ardèche du Sud était assurément un endroit où il faisait bon vivre même 350 000 ans en arrière. C’est la datation communément avancée pour déterminer la première occupation près d’Orgnac. Des chasseurs de rhinocéros et d’aurochs qui, selon les historiens, étaient primitifs mais savaient déjà aménager leur intérieur.
Après les bouleversements climatiques et géologiques qui s’étaient succédés au cours des millions d’années passées, les hommes de Neandertal qui apparurent au début de l’ultime glaciation furent les derniers a connaître les rigueurs de la metéo. Heureusement, comme leurs prédécesseurs, ils connaissaient le feu et en usaient largement à l’entrée des cavernes qu’ils avaient appris à décorer.
Ils ignoraient alors que leurs peintures et dessins, préservés par le temps, nous parviendraient pour la plupart intacts et nous permettraient de reconstituer leur mode de vie. Quoi qu’il en soit, la douceur du climat qui s’installait millénaires après millénaires, finit par sédentariser les populations. Les hommes de Cro-Magnon, avec leurs tribus, se mirent à peupler - et comment leur en vouloir - les bords de l’Ardèche.
Les nombreuses cavernes qui conservent les traces de leur vie quotidienne attestent donc d’une relative « dolce vita » quasi méditerranéenne. C’est naturellement sur cette terre d’Orgnac qu’a été ouvert, en 1988, le musée régional de préhistoire qui peut se vanter d’accueillir tous ces trésors inestimables que l’Ardèche nous livre aujourd’hui. C’est là, qu’étape après étape, on part à la rencontre des hommes de la préhistoire grâce à des reconstitutions très réalistes des scènes de vie, des présentations d’outils, de bijoux ou d’armes. Cet édifice s’insère aujourd’hui dans l’espace reconstitué du site qui abrite aussi l’une des merveilles de la nature : l’aven d’Orgnac. La cohabitation n’avait pourtant au départ rien de spontané. Contrairement aux grottes et cavernes servant de logis aux premiers hommes qui les décoraient avec soin, jamais personne n’aurait eu l’idée de se jeter dans le ventre de la terre. Ces trous, connus des populations, servaient surtout de décharge publique et on leur attribuait souvent des pouvoirs maléfiques. Il fallut attendre le siècle dernier pour que des explorateurs courageux entament une descente et y découvrent les mystères que la nature a façonnés pendant des millions et des millions d’années.
Le site d’Orgnac, découvert en 1935 par Robert de Joly, offre un réseau souterrain d’une rare beauté. L’eau a sculpté la pierre et paré les cavités de mille cristallisations. L’entrée réaménagée ouvre sur le grand porche original de mètres de hauteur.
L’escalier aux 312 marches descend lentement mais sûrement jusqu’à 150 mètres sous terre. II nous emmène dans un monde de concrétions où stalactites et stalagmites côtoient de grandes coulées en forme de buffet d’orgue et de somptueuses draperies pour un voyage hors du temps.
Descentes au coeur de la préhistoire
Le parcours de visite guidée de l’aven qui s’effectue en une heure par un escalier bétonné a été réaménagé jusqu’a 150 mètres de profondeur que l’on remonte désormais grâce à un ascenseur.
Le site qui accueille chaque année plus de 140 000 visiteurs est ouvert presque toute l’année : de 9 h 30 à 19 heures en avril, mai, juin, septembre et octobre. Jusqu’à 20 heures en juillet et août. De 1O h 30 à 13 heures et de 14 heures à 18 heures en février, mars et novembre. Entrées : 8,5 euros pour les adultes, 5,5 euros pour les enfants de 6 à 14 ans inclus. Musée, visite libre en quarante-cinq minutes.
Le site propose aussi deux parcours hors visite pour le grand public : la randonnée souterraine hors de la partie aménagée en juillet et en août, durée trois heures et l’odyssée souterraine pour une journée d’aventures spéléologiques de huit heures. Sur réservation toute l’année.
Renseignements au 04 75 38 65 10