Sujets : France, Féminité, Texte partiel
La pratique de l’activité nécessite au préalable un apprentissage que les clubs ou la fédération par ses stages contribue à délivrer. La progression sous terre nécessite un équipement adapté mais aussi de savoir s’adapter à la cavité ou au canyon dans lequel on va s’aventurer. Être en forme, bien dans sa tête, avoir pris les informations sur la connaissance de la cavité sont les préalables indispensables à une activité en toute sécurité. L’enquête éditée en 2004 par le comité de la région Midi-Pyrénées indique que, pour de nombreuses spéléologues, la faible présence de féminines dans la discipline est un faux problème. Pensez-vous que l’optique des pratiquantes soit différente en 2009 ?
La fédération est composée d’environ 7500 pratiquants dont 20% de femmes. Je ne sais pas si on peut parler d’un faux problème mais il est certain que la fédération ne s’est pas vraiment mobilisée sur la question du genre. La mise en place de quotas par le ministère de tutelle sur la représentation féminine dans les instances dirigeantes impose la prise en compte de cette orientation. L’analyse des effectifs montre une progression des femmes en 2008. Il reste néanmoins que pour beaucoup les contraintes physiologiques, techniques et d’organisation sont telles que l’activité peut ne pas spécialement attirer des femmes. En tous cas, comme dans beaucoup d’activités sportives, l’adaptation à la pratique dépend entièrement du groupe dans lequel on s’inscrit. En effet, la spéléologie ou le canyon ne se pratiquent pas seul. On ne peut pas prendre son casque et son baudrier et aller faire une grotte, ce n’est pas comme la course à pied ou la gym, ou une activité qu’on pratique à un quart d’heure de chez soi pendant 2 heures puis on entre à la maison.
Selon vous, comment amener les pratiquantes actuelles à s’engager dans la prise de responsabilités techniques et associatives ?
La spéléo ou le canyon sont des activités qui permettent une pratique ouverte à tous les niveaux, mais chaque licencié perçoit les choses différemment. Il faut vouloir prendre des responsabilités, ne pas avoir peur du rapport de force et surtout se sentir aussi légitime que n’importe quel bonhomme de son club, se décomplexer.
Vous avez été élue, en août 2008, présidente de la fédération française de spéléologie. Quel a été votre propre parcours jusqu’à ce poste tenu pour la première fois par une femme ?
Présidente du comité spéléologique Rhône-Alpes pendant 6 ans, jusqu’en 1994, j’ai toujours été présente et active, par exemple pour la mise en place des journées nationales de la spéléologie et du canyon. Comme tout un chacun, j’ai mis mon activité de bénévole en sommeil pour me consacrer à ma vie professionnelle et personnelle... et cette année, je me suis sentie prête pour participer à la direction de la fédération. Les grands électeurs m’ont fait un très grand honneur en m’élisant à la tête de la fédération.