Sujets : Science, Hérault, Burkina Faso, Détection des nappes d’eau souterraines, Développement
![]() Deux géophysiciens de l’IRD et un géologue burkinabé réalisent un sondage par la technique géophysique RMP © IRD/Vouillamoz, Jean-Michel |
Les géophysiciens de l’IRD disposent d’une méthode de détection des nappes d’eau souterraines par des sondages de Résonance Magnétique Protonique (RMP), mise au point par les équipes du BRGM en collaboration avec différents partenaires [1]. Cette technique géophysique repose sur le même principe physique que la Résonance Magnétique Nucléaire, largement utilisée par les chimistes, les médecins et les pétroliers. Son application récente à la recherche d’eau en sous-sol permet de détecter la présence des nappes à partir de la surface du sol et de les localiser précisément en profondeur. Elle a montré son efficacité et sa fiabilité dans le contexte des terrains homogènes comme le sable et les argiles.
![]() Utilisation de la technique géophysique de résonance magnétique protonique © IRD/Vouillamoz, Jean-Michel |
![]() L’auteur prépare le matériel de sondage © IRD/Vouillamoz, Jean-Michel |
Des essais ont été réalisés dans différents contextes géologiques dans des régions sahéliennes ou arides où les seules ressources en eau sont souterraines [2], et en France. Les chercheurs ont testé la méthode sur un site karstique - le site du Lamalou, dans l’Hérault - où la roche calcaire altérée s’organise en un système de cavités et de conduits dans lesquels l’eau circule. Le couplage de la RMP à des mesures de résistivité [3] du terrain a permis de localiser en profondeur les aquifères. La méthode établie dans le contexte des sols karstiques peut donc d’ores et déjà être employée dans les régions du monde où l’on retrouve majoritairement ce type de sols : le pourtour méditerranéen et le Moyen-Orient. Les recherches se poursuivent afin d’élargir le champ d’application de la RMP et l’étendre à différents contextes géologiques, tels les socles de granite altérés du Burkina Faso.
Bibliographie
Anatoly Legchenko, and Pierre Valla, (2002) - A review of the basic principles for proton magnetic resonance sounding measurements, Jour. Appl. Geophys., vol. 50, pp. 3-19.
Anatoly Legchenko, Jean-Michel Baltassat, Alain Beauce, and Jean Bernard, (2002) - Nuclear magnetic resonance as a geophysical tool for hydrogeologists, Jour. Appl. Geophys., vol. 50, pp. 21-46.
Vouillamoz J-M., Legchenko A., Albouy Y., Bakalowicz M., Baltassat J-M., and Al-Fares W, (2003), - Localization of saturated karst aquifer with magnetic resonance sounding and resistivity imagery, Journal of Ground Water, vol 41, Number 5, September-October 2003, pp. 578-587.
[1] Les premiers travaux de RMP appliqués à l’eau reviennent aux scientifiques de l’Académie des Sciences de Russie. L’appareillage complexe de RMP (Numis) utilisé aujourd’hui a été mis au point en 1996 par ces scientifiques, en collaboration avec des géophysiciens du BRGM (Bureau de recherche géologique et minière, Orléans) et de la société Iris Instrument. Le concepteur, A. Legtchenko est actuellement directeur de recherche à l’unité 027 GEOVAST de l’IRD.
[2] Les essais sur le terrain, initiés par les équipes du BRGM, impliquent également l’Université Montpellier II, Action contre la faim (Paris), CEAS (centre d’études atomiques de Syrie, Damas).
[3] La résistivité exprime la plus ou moins grande résistance d’un sol au passage d’un courant électrique. Sa mesure est traditionnellement utilisée pour cartographier l’organisation physique du sol. Elle révèle la présence éventuelle de failles ou de fractures.