Seul et hors du temps au fond d’une grotte de l’Hérault, Michel Siffre connaît un début d’expérience difficile. Après 15 jours passés à 900 mètres de profondeur, il semble moins motivé que lors de ses précédents séjours souterrains.
 Selon son équipe de surface, le spéléologue « connaît des cycles pénibles, vivant totalement au ralenti ». (Photo AFP)
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Les rares conversations téléphoniques que Michel Siffre a eues avec des membres de l’expérience « montrent que, globalement, il ne tient pas la grande forme », reconnaît son laboratoire d’acquisition de données installé en surface. « Apparemment, ses motivations sont amoindries par rapport à celles qu’il avait respectivement 38 ans et 28 ans plus tôt » lors de ses deux précédentes expériences de confinement.
40m² d’espace vital
Michel Siffre se trouve depuis le 30 novembre dans une plate-forme d’environ 40 m² au fond de la grotte de Clamouse, à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier. Sans aucun repère temporel, le spéléologue doit passer deux mois dans les entrailles de la terre. Sans s’en rendre compte, il franchira le cap de l’an 2000 et le jour de ses 61 ans le 3 janvier.
Sans notion de temps, Michel Siffre connaît des rythmes de vie irréguliers, variant de 17 heures de réveil pour le cycle le plus court à 39 heures et 35 minutes pour le plus long. Les plages de sommeil sont relativement brèves : elles durent souvent de deux à cinq heures. A deux reprises seulement, elles ont atteint sept heures.
« Michel Siffre connaît des cycles pénibles, vivant totalement au ralenti », explique son laboratoire dans un communiqué publié hier . « Son activité physique est extrêmement réduite. Bien que sa plate-forme fasse environ 40 m² , sa surface de déplacement n’excède pas 15 m² » . En effet, les tables, le lit, le matériel électronique dévorent l’espace.
Bardé d’électrodes
Surtout préoccupé par la réorganisation de sa plate-forme encombrée, le spéléologue s’est montré encore peu curieux de son environnement naturel. « Il n’a pas encore exprimé l’envie d’aller visiter les parties profondes de la grotte », note son laboratoire. Chacun de ses faits et gestes est enregistré par les électrodes qui tapissent son corps. « Ses journées sont scandées par ses prélèvements biologiques, la manipulation des capteurs physiologiques dont il est bardé et les séances de tests psychophysiologiques », souligne son équipe en surface.
Une satisfaction tout de même : le spéléologue se dit très satisfait des plats gastronomiques élaborés spécialement pour lui par un professeur de lycée hôtelier.